Musicienne & Citoyenne

Musicienne & Citoyenne

13,00 €
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Musicienne & Citoyenne
Réflexions sur le métier de musicien et sur l’enseignement de la musique

Pianiste, Françoise Tillard a eu la chance de commencer sa carrière aux côtés de Christa Ludwig, avant d’accompagner de nombreux autres chanteurs. Elle s’est ensuite tournée vers l’enseignement de la mélodie et du lied, vivant ainsi “de l’intérieur” les pesanteurs du système d’enseignement de la musique en France.
C’est de cette double expérience d’interprète et de pédagogue qu’elle tire la matière de ce livre.
Elle y retrace d’abord les inoubliables expériences que lui a valu la fréquentation des plus grands chanteurs et chefs d’orchestre (Karajan en tête…), avant de se livrer à une analyse sans concession de notre système éducatif – dans les conservatoires comme à l’université – et de proposer des pistes pour sa réforme afin que les musiciens deviennent enfin des citoyens à part entière !

La presse en parle : lire la critique de Diapason, n°655, mars 2017.

Sommaire

AUTOUR DU CHANT
La formation, un passage nécessaire    
Accompagnatrice en Autriche
Le métier de chef de chant
Pourquoi l’opéra ?

INTERMÈDE
Fanny Hensel et la moralité en musique    

LA MUSIQUE DANS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : LES RÉFORMES NÉCESSAIRES
Mélodies et lieder    
Le temps des soucis    
Les aberrations du système    
Propositions    

LA MUSIQUE DE CHAMBRE VOCALE ET INSTRUMENTALE
Etat des lieux    
Conclusion (par souci de clarté…)

Format 150 x 210, 112 pages

Extrait de l’introduction de “Musicienne & Citoyenne”
La république se soucie du bien de tous, y compris donc des musiciens. Or, les musiciens sont traités de façon injuste, comme si leur citoyenneté n’allait pas de soi. Mon propos est de parler de l’injuste place faite à la musique en France. Injuste quant à la justesse tout comme à la justice.

Les diplômes des musiciens français ne ressemblent à aucun autre. Ils ont été créés à diverses époques et n’ont pas d’unité territoriale. C’est dire que dans ces conditions, ils ne peuvent pas rejoindre les règles du traité de Bologne qui régissent l’ensemble de l’enseignement supérieur en Europe. Les diplômes de musique française ne correspondent pas à ceux du reste du monde, nos jeunes musiciens doivent recommencer leurs études à l’étranger car leur diplôme n’a pas d’équivalence.

Il n’y a pas de corporation reconnue. Or, une profession a ses problèmes spécifiques qui doivent être nommés. Les Anglo-Saxons ont des guildes puissantes qui représentent tous les musiciens, sans aucune attache à un parti politique. Les syndicats français défendent des corps constitués (un orchestre, par exemple) sans représenter la profession dans son entier. Cela signifie que la profession n’a pas de représentant légitime. Au moment où il faudrait exprimer des revendications justifiées, cela pose un réel problème.

La place de la musique révèle les inégalités de la société française. Il est très douloureux d’entendre dire : « Cette musique n’est pas pour nous », alors que ses fondements sont d’abord universalistes. Tout doit être fait pour que l’accès à cette musique soit facilité. A l’heure actuelle, l’exigence de qualité des conservatoires rebute, certains taxent cet enseignement d’élitiste comme si c’était un reproche. L’élitisme pour tous, voilà la véritable égalité !

L’image même de la musique classique dans les médias montre la peur que provoquerait un peuple cultivé et très largement informé. Nous sommes une démocratie où, tous, nous votons. Cela rend l’éducation de tous d’autant plus importante, surtout en période de crise. faut que chacun puisse réfléchir pour lui-même, et sache que l’avenir dépend de la façon dont chaque citoyen envisage sa liberté. Réfléchir et écouter…

C’est pour parler de toutes ces questions que j’ai entrepris ce travail. Je ne m’exprime qu’en mon nom… Mais il faut bien prendre les choses par un bout !