Piano 16
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Piano 16

8,00 €
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Année 2002

Autre version disponible :
Piano 16 - version papier - 11,00 €
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Éditorial
Ombres et lumières
À l’affiche     
Le regard de Claire-Marie Le Guay
Vladimir Ashkenazy, le flamboiement intérieur
L’art de Vladimir Ashkenazy
Schumann, éclats et miroitements
Le poète parle
L’errance comme point de départ
Quand Paris n’aimait pas Schumann
L’amour et l’œuvre de Clara Schumann
Le catalogue des œuvres pour piano
Les pianistes schumanniens de légende
Interpréter Schumann aujourd’hui (entretiens avec Philippe Bianconi, Laure Favre-Kahn, Lydia Jardon, Abdel Rahman El Bacha, Irène Polya, Michèle Scharapan)
Histoire
Rameau, du clavecin au piano, entretien avec Alexandre Tharaud
Muzio Clementi : un compositeur méconnu, entretien avec Danielle Laval
Le répertoire pour deux pianos, quatre siècles de musique
L’école polonaise de piano, de la souffrance à la liberté
le piano et la danse
L’avenir légendaire de la valse
Etre pianiste de danse, pour quelques pas…
Pédagogie
Comment interpréter le Carnaval de Schumann ?
Partitions : la question des doigtés, entretiens avec Muza Rubackité, Bruno Rigutto, Victoria Melki, Claude Pascal
Les exercices pour pianoforte de Brahms
Faut-il écrire sur les partitions ?
Le pianiste à la découverte de son corps
Logiciels pour piano
Saison
Saison 2001-2002 : impressions de concerts
Concours nationaux et internationaux
Piano d’aujourd’hui
L’œuvre pour piano seul d’Alain Louvier
Incises pour piano de Pierre Boulez
L’univers heureux de René Gerber
Hommage à Daniel-Lesur
Olivier Messiaen, dix ans déjà
Thierry Escaich, un compositeur du 21e siècle
Musique de variétés et jazz, bien choisir les partitions
Facture
Le marché des pianos à queue en France
Numériques portables à clavier lourd
Nouveautés 2002 : Salons de Francfort et de Musicora
Le mystère du “piano arabe”
Une visite chez Grotrian-Steinweg
Nouveautés
Partitions de l’année, méthodes
Gisèle Magnan : la mémorisation des partitions
Méthodes
Nouveautés discographiques
Ivan Moravec, la sagesse au piano
György Cziffra dans sa jeunesse virtuose
Livres, Internet, DVD
Marc-André Hamelin, le souffle romantique

Ombres et lumières

Placé sous le signe de Schumann, ce numéro est celui des lumières et de l’ombre, du bonheur et des cataclysmes, de la sérénité et de la douleur. Contrastes qui se retrouvent dans nos autres rubriques.
Ainsi, Vladimir Ashkenazy, à l’affiche de ce numéro, est lui-même fait de contrastes, pianiste virtuose, mais aussi chef, issu de la grande école dite “russe” mais qu’il récuse absolument, rigoureux dans ses interprétations mais vibrant d’une flamme intérieure (p.8).
Carnaval, Scènes d’enfant, Novellettes, Scènes de la forêt, Fantaisies… A lire les titres de l’œuvre pour piano de Robert Schumann, on ne voit que poésie, tendresse, vivacité et humeur… Pourtant, derrière le Gai Laboureur ou l’envol des Papillons, se dissimulent l’inquiétude, le malaise, un univers en demi-teintes et en éclats changeants, allant jusqu’à l’expressionnisme, au dédoublement (Schumann est à la fois Florestan, le fougueux compagnon, et le mélancolique Eusebius)… et à la folie.
Est-ce parce qu’on connaît la folie de Schumann que son œuvre effraie parfois ? Cette folie est-elle indiquée, par exemple, dès les modulations initiales, signes de l’errance, de certaines de ses pièces (p.20) ?
Cela dit, Schumann n’a écrit pour le piano que des chefs-d’œuvre, privilégiant généralement les petites formes, comme le Carnaval qu’Alexandre Sorel analyse et nous fait travailler ici (p.70). Mais, chez lui, « la petite forme est toujours une grande forme », dit Michèle Scharapan, l’une des interprètes actuelles de Schumann que nous avons rencontrés, « et les ruptures de climat constantes, la suite d’états d’âme contrastés demandent une réflexion globale et pas seulement analytique » (p.41).
Dans son immense malheur, Robert Schumann a connu aussi un bonheur  immense : celui d’aimer et d’être aimé. Grande musicienne, sa femme Clara se trouva toujours à ses côtés et c’est bien grâce à elle et aux enfants qu’elle lui a donnés que l’on trouve parfois une grâce juvénile et des moments d’enchantement paisibles dans ses œuvres (p.32).
Clara Schumann avait doigté elle-même des exercices de Brahms. C’est dire l’importance du doigté auquel nous accordons, cette année, une place privilégiée dans notre rubrique pédagogique (p.82) !
Dans l’article sur L’école polonaise de piano, on entend d’ailleurs Paderewski  dire à un élève : « Pourquoi jouez-vous toujours cette note avec le 4e doigt ? Je l’entends ! » Cette école a connu les vicissitudes de l’histoire… Oui, mais en compagnie de Chopin, et de tant de grands maîtres ! (p.55)
Vladimir Ashkenazy n’hésite pas à affirmer que, contrairement à bien des pianistes d’aujourd’hui, certains interprètes de légende étaient en fait plus épris de virtuosité pure que de musique. Paradoxe ? C’est pourtant ce que nous confirment, lorsque nous les écoutons, Claire-Marie Le Guay qui nous donne son regard sur ce numéro (p.4), et les pianistes que nous évoquons ici (p.107).
Musique d’aujourd’hui : nous restons ancrés dans le 20e siècle pour étudier l’œuvre pour piano d’Alain Louvier (p.130), Incises de Pierre Boulez (p.133) ou encore pour évoquer le souvenir d’Olivier Messiaen (p.138) et pour rendre hommage à Daniel-Lesur, récemment décédé (p.137). Et c’est le 21e siècle qui commence qui apparaît vraiment dans la musique si personnelle de Thierry Escaich, l’un des compositeurs les plus talentueux d’aujourd’hui (p.140).
Facture de piano : Bernard Désormières nous apprend des choses étonnantes : par exemple, la nouvelle vogue des pianos à queue (p.148). Il nous indique aussi toutes les nouveautés des pianos disponibles en France.
A lire absolument avant d’acheter son piano !
Michèle Worms