Piano 22
Piano 22

Piano 22

14,00 €
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Année 2008

Autre version disponible :
Piano 22 - version papier - 14,00 €
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A l’affiche Evgueni Kissin, la tradition russe renouvelée
Le regard de Zhu Xiao-Mei, pianiste chinoise

Une grande célébration Schubert (1787-1828) Sa vie (“Le jeune homme et la mort”). Le piano dans les lieder de Schubert. Interprètes légendaires, d’aujourd’hui ; jeunes talents schubertiens. Quelques œuvres méconnues  
Travailler l’“Impromptu en la bémol”

Pédagogie
La relation professeur-élève. Témoignages des uns et des autres, ainsi que des parents et  d’une psychanalyste. Enseignement supérieur : entretien avec Jacques Rouvier. Les conseils de Bruno Rigutto.

Anniversaires
Félix Mendelssohn (1809-1847), le romantisme lumineux. Mel Bonis. Nikolaï Rimski-Korsakov.
Olivier Messiaen (1908-1992). Rencontre avec Pierre-Laurent Aimard et Roger Muraro.

Le piano dans le monde La littérature américaine de piano. Elliott Carter, le centenaire d’un rebelle

Instruments Les systèmes silencieux… et autres solutions antibruit.
Nouveautés 2008-2009. Visite des pianos Bösendorfer
 
“Désespoir de la Reine”, une partition inédite de Pascal Zavaro, lauréat du Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2008. Musica Temporalia, un atelier de piano contemporain. Entretien avec Jean-François Zygel

Et aussi nos rubriques jazz, concours nationaux et internationaux (annonces, résultats), éditions musicales, méthodes et recueils, livres, CD et DVD de l’année

Musique et poésie

Euterpe et Erato, muses de la poésie et la musique, ont toujours entretenu des liens étroits. Cela se vérifie tout particulièrement dans ce numéro consacré à Schubert, compositeur d’innombrables lieder sur des poèmes qui ont imprégné toute sa musique, et dans lesquels le piano joue un rôle essentiel. En hommage à Schubert, nous citons dans cet éditorial des extraits de ces poèmes qu’il a tant aimés.
Etranger je suis venu, étranger je repars… Musicien et poète, ainsi s’affirme notre tête d’affiche, le pianiste russe Evgueni Kissin, qui, fou de poésie, déclamait des poèmes dès l’âge de 2 ans, alors qu’il devenait l’enfant prodige du piano! (p.8).
Je cherche, je cherche mon pays bien-aimé… Poète, la pianiste d’origine chinoise Zhu Xiao-Mei, qui après avoir subi les terribles ravages de la Révolution culturelle, marie Bach et Lao-Tseu dans son aventure spirituelle (p.4) et nous dit sa confiance, aujourd’hui, dans la renaissance de son pays.
J’ai suspendu mon luth au mur, je l’ai ceint d’un ruban vert, je ne peux plus chanter ; mon cœur est trop plein… Voici Franz Schubert qui, bien qu’entouré de joyeux compagnons, nous parle de solitude et de douleur, et à qui s’appliquent si bien ces mots presque intraduisibles de Wanderer (vagabond, passant, compagnon errant ?), Sehnsucht (nostalgie, mélancolie ?) (p.16) Comme le dit le pianiste Philippe Cassard, « il nous incombe à nous, pianistes, de recomposer la poésie sur nos pages de musique. On doit pouvoir se dire : là par exemple, c’est le Wanderer dans la forêt qui parle aux étoiles… » (p.26).
Mon père, mon père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?… Les grands interprètes schubertiens, de légende ou d’aujourd’hui, (pages 40 à 51) sont ceux qui savent retransmettre cette dimension onirique de Schubert. Les interprétations de Radu Lupu sont de la poésie à l’état pur, et l’on sait que le grand pianiste norvégien Leif Ove Andsnes se passionne pour le lied. Parmi les jeunes schubertiens, Delphine Lizé raconte que c’est en entendant Le Roi des aulnes qu’elle a ressenti le choc de Schubert.
Ainsi, je poursuis ma route… traversant la vie claire et joyeuse, seul et repoussé de tous… Cette atmosphère de tristesse et de solitude, il faut bien la comprendre pour jouer Schubert, comme le montre Alexandre Sorel dans ses conseils d’interprétation de l’Impromptu en la bémol majeur (p.72).
J’ai rêvé de vertes prairies… qui évoquent les Lieder ohne Worte (“Romances sans paroles”) de Felix Mendelssohn (p.83)… et de joyeux chants d’oiseaux : comment ne pas penser à Olivier Messiaen, qu’inspirèrent au piano une foi profonde et, aussi, le chant des oiseaux? (p.94).
Assieds-toi près du ruisseau et joue aux chers enfants tes plus beaux chants… Poésie et musicalité vont de pair et font partie de la relation entre l’enseignant et l’élève (p.54). C’est bien la poésie musicale qui permet de départager des candidats dans les concours (p.100). Comme elle donne déjà à rêver, cette reine qui pleure, dans la partition pour enfants que nous offre Pascal Zavaro, lauréat 2008 du Grand Prix Lycéen des Compositeurs! (p.165).
Sur les blancs herbages, je cherche la trace de mon gibier… La poésie et la musique pour piano américaines sont souvent ouvertes aux larges espaces de ce pays, de la Rhapsody in blue à Wild Men’s Dance (p.121).
Là-bas, derrière le village, il y a un joueur de vielle… Nos instruments de prédilection, pianos acoustiques, pianos à queue, pourvus ou non d’un système silencieux, pianos de rêve aux bois précieux, pianos d’étude, pianos électroniques : ils sont tous dans ce numéro (p.130), ainsi que les éditions musicales, les disques, DVD et livres, réunis pour célébrer la musique… (p.170)
“Ce cher art” que célèbre Schubert dans l’un de ses plus beau lieder A la musique (An die Musik) : cette musique qui nous réunit ici.
Michèle Worms