Piano 14

Piano 14

8,00 €
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année 2000

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Éditorial
Tradition et révolution
À l’affiche     
le regard de Michaël Levinas
Christian Zacharias, l’intelligence de la musique
Regards sur Beethoven
L’inconnu illustre
Voyage au cœur de trois sonates
La “Pathétique”
La “Clair de lune” (entretien avec Jean-Claude Pennetier)
Travailler le 1er mouvement de l’“Appassionata”
Beethoven au pianoforte (entretien avec Paul Badura-Skoda)
 “Louis de Beethoven”, dans la presse française au 19e siècle
Marie Bigot, une élève de Beethoven
Jouer Beethoven aujourd’hui, entretiens avec Claire Désert, Lydia Jardon, Marc Laforet,     Emmanuel Strosser, Vanessa Wagner
Guide du piano beethovénien
Historique des 32 sonates
Discographie des intégrales
Les autres œuvres pour piano
Saison
Le florilège de la saison de piano 1999-2000
Récitals de piano de la saison 2000-2001
20e siècle
Schoenberg, le père destructeur
Nicolaï Medtner, le Russe oublié
Les répétitifs américains
Composer pour le piano aujourd’hui, entretiens avec Suzanne Giraud, Martin Matalon, Marco Stroppa et Eric Tanguy
Jazz : harmonie, le mystère des grilles
Concours nationaux et internationaux
Pédagogie
Les premiers maîtres du pianoforte
Un grand d’Espagne : Eduardo del Pueyo
Le piano en Allemagne, entretien avec Klaus Hellwig
Et l’école russe ? entretien avec Serguei Markarov
L’art du déchiffrage
La réécriture
Les enfants surdoués
Musiques du 20e siècle pour les enfants
Facture
Les grands pianos de concert
Nouvelles des firmes
Yamaha, cent ans de fabrication de piano
Une visite chez Carl Sauter
Guide
Partitions de l’année
Disques de l’année
Marie Jaëll retrouvée par le disque

Tradition et révolution

« La musique jaillit en Allemagne d’une manière artésienne et continue ; elle s’étend sur toute l’Allemagne en nappes épaisses. J’admire toutefois à quel point certains génies allemands durent s’écarter de l’Allemagne et, j’allais dire, s’opposer à elle… Je laisse à de plus compétents le soin de démêler si [dans leur musique] ce que nous admirons le plus, et par où cette étoffe allemande vraiment prend forme, n’est pas précisément ce par où elle s’écarte le plus du génie de la race. »
Ces lignes d’André Gide citées par le pianiste brésilien Edson Elias (p.133) illustrent bien l’un des grands thèmes de ce numéro : l’Allemagne pianistique et ses traditions.
Ainsi, pour André Gide, Beethoven, cet “inconnu illustre” que nous célébrons (p.18), serait surtout génial en ce qu’il s’écarte du génie allemand ! Voilà une affirmation dont chacun pourra mesurer la pertinence à l’étude de trois grandes sonates, la “Pathétique” (p.22), la “Clair de lune” (p.32), et l’“Appassionata” (p.34).
Christian Zacharias, à l’affiche de ce numéro (p.9), est-il représentatif d’une école allemande ? Plutôt qu’une filiation avec les grands pianistes de son pays (Wilhelm Kempff, Walter Gieseking et tant d’autres…), il invoque plutôt l’influence française, puisqu’il est venu travailler à Paris avec Vlado Perlemuter. « A mon époque, dit-il, l’école allemande n’était plus représentative, je trouvais cela un peu lourd, un peu gris… »
Mais y a-t-il une école de piano allemande ? C’est la question que nous avons posée à Klaus Hellwig, professeur au Conservatoire des arts de Berlin (p.127). Il n’est pas sûr de la réponse : on peut évoquer les pianistes et pédagogues du passé, mais aussi l’émiettement de la pédagogie dans des régions très décentralisées. Et que dire du terrible désert culturel que s’est créé l’Allemagne avec la Seconde Guerre mondiale ?
De la tradition à la révolution… Ce n’est pas un Allemand, mais un Autrichien qui changea le visage de la musique au 20e siècle. Arnold Schoenberg, dont on célèbre, en 2001, le cinquantième anniversaire de la mort, écrivit pour le piano des pièces intéressantes… et pas toujours difficiles à jouer (p.78). Mais la cassure sérielle a failli être fatale à une musique qui ne pouvait plus, dans l’ensemble, être jouée par le musicien amateur.
Heureusement, ce 20e siècle est beaucoup plus divers qu’il ne paraît, ou que ne l’ont voulu certains. Ainsi, les compositeurs répétitifs américains ont écrit pour le piano des pièces “consonantes” sinon tonales, dont les répétitions inlassables pourront délasser l’amateur… (p.88)
En outre, bien des compositeurs de ce redouté 20e siècle n’ont pas dédaigné d’écrire de jolies pages pour les enfants (p.150), pages qu’un amateur peut aisément déchiffrer s’il a appris à lire à vue (p.136), et mémoriser, grâce au procédé de la “réécriture” qui permet de retrouver le processus de composition (p.140).
Certains enfants sont surdoués pour le piano. En Russie, on leur fait suivre une scolarité spéciale (p.134). En France, c’est le vide ! (p.144)
Qui n’a rêvé d’être un jour, en grande tenue, aux commandes d’un piano de concert ? (p.158). Nous présentons ces grands fauves dans ce numéro, qui comprend aussi les rubriques habituelles : nouveautés dans la facture (p.168), partitions (p.183), disques (p.191), concours (p.105), saison (p.73), et, bien sûr, des entretiens avec de nombreux interprètes.
Michèle Worms