Piano 13

Piano 13

8,00 €
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Année 1999

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Éditorial

Bach et l’an 2000

À l’affiche 

Le regard de Roger Muraro
Krystian Zimerman, le désir d’absolu

Célébration : Bach

L’œuvre pour clavier
Sentir et comprendre le 1er prélude du “Clavier bien tempéré”
Le mystère de la 23e mesure
Les grands interprètes de Bach
Le séisme Gould
Samuil Feinberg, un maître russe
Bach est-il chinois ? Entretien avec Zhu Xiao-Mei
Jouer Bach aujourd’hui : entretiens avec Nicholas Angelich, Dana Ciocarlie, Abdel Rahman El Bacha, François-Frédéric Guy, Adrienne Krausz et Vardan Mamikonian
Les Variations Goldberg, parcours discographique
La Nouvelle association Bach à Leipzig

Histoire

Les héritiers de Bach
Du pianoforte au piano
La “Fantaisie en ut majeur” K395 de Mozart
Boisselot & Fils, facteurs de pianos
La naissance du pianiste

Anniversaires

Joaquin Nin
Charles Koechlin

20e siècle

Les sons tournent dans l’air du siècle   
20 œuvres phares du 20e siècle

Jazz

Le 1er prélude du “Clavier bien tempéré”, chiffrage jazz
Keith Jarrett

Saison

Hommage à Robert Casadesus
Bruno Rigutto, une approche libre de l’interprétation
Florilège d’une saison

Pédagogie

Une grande pédagogue, Maria Curcio   
Témoignages : France Clidat, Jacqueline Latarjet
Hommage à Eliane Richepin
La leçon de musique : Murray Perahia
La pédagogie aujourd’hui, entretiens avec Frédéric Aguesssy et Cécile Edel-Latos
Bach par cœur

L’instrument

L’évolution de la facture
Nouvelles des firmes
Visite à Vienne chez Bösendorfer

Banc d’essai

Les études, de Czerny à Solal
Guide : partitions, livres, disques

Bach et l’an 2000

« Dieu, qui doit tant à Jean-Sébastien Bach… » disait plaisamment l’essayiste roumain Cioran. Il est vrai que le fait de célébrer conjointement un an qui sera “2000” pour l’ère chrétienne et le 250e anniversaire de la mort de Jean-Sébastien Bach est plus qu’emblématique. Nous avons, bien sûr, choisi ces deux thèmes pour ce numéro.

Mais n’oublions pas que l’année Chopin se poursuit. Nous lui avions consacré un grand dossier dans PIANO 12. Une autre façon de lui rendre hommage est d’interroger le grand pianiste polonais Krystian Zimerman (p.8), qui sera à Paris le 17 octobre, jour même de la mort du compositeur, pour jouer les deux Concertos. Et aussi de réécouter les enregistrements d’Arthur Rubinstein, pianiste chopinien par excellence, qui reste présent dans le cœur des amateurs de piano (p.18).

Si, pendant quelque temps, les clavecinistes ont voulu garder l’exclusivité sur Bach au nom de “l’authenticité”, les pianistes revendiquent aujourd’hui le droit de l’interpréter au piano en lui donnant, comme le dit nettement Roger Muraro : la « grandeur qui me plaît » ! (p.5).

D’ailleurs, Bach n’a jamais cessé d’être adoré et joué par tous les pianistes, du Petit livre d’Anna Magdalena Bach au Clavier bien tempéré. Nous étudions de celui-ci le premier Prélude (p.3), avec ses mystères (p.36), et même en chiffrage “jazz” ! (p.102). Et aussi, les autres œuvres pour clavier (p.8), les grands interprètes (p.40) et la postérité (p.58).

Bach, bien sûr… mais Mozart est aussi présent dans ce numéro avec l’analyse de la Fantaisie en ut majeur (p.67), et la loi des anniversaires nous permet de redécouvrir Joaquin Nin et Charles Koechlin (p.80).

Le 20e siècle, malgré toutes les remises en question, doit encore beaucoup à Bach. En témoignent les “vingt œuvres phares” que nous avons choisies pour caractériser le siècle, parce qu’elles nous paraissent représentatives de l’évolution de la musique ou, tout simplement, parce qu’elles brillent comme des chefs-d’œuvre isolés (p.84).

Ce 20e siècle qui a vu le pianiste se séparer du compositeur (p.76), produit aujourd’hui une multitude de jeunes pianistes pourvus d’une technique à toute épreuve. C’est que la pédagogie a évolué (p.123). De la technique digitale, on est passé à la virtuosité, aux dépens peut-être de la musicalité (p.120). Retrouver les grandes lignes d’une œuvre, sa parfaite structure, c’est à quoi s’attache le grand pianiste Murray Perahia (p.128).

Où en est l’enseignement à la fin de ce siècle ? Frédéric Aguessy nous “garantit” celui des conservatoires nationaux de région (p.128), et Cécile Edel-Latos nous dit quelles sont les bases de son enseignement (p.130). La pédagogie change, les anciennes études restent valables ! Mais de nouvelles sont éditées. Nous faisons le point (p.181).

La facture pianistique, elle, a bien évolué, depuis le piano forte (p.64) et les pianos romantiques, ceux de la maison Boisselot, par exemple, qu’aimait tant Liszt (p.72). Bernard Désormières nous montre comment, au 20e siècle, on est passé de l’artisanat à la facture industrielle (p.153). Restent quelques grandes maisons de piano au prestige intact comme Bösendorfer (p.176).

Michèle Worms