Piano 5

Piano 5

8,00 €
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Année 1991

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Éditorial
Un piano de concerts
A l’affiche
Georges Cziffra le flamboyant
Maria Tipo et ses élèves
Histoire
De la virtuosité à la modernité
Questions à Geoffrey-Douglas Madge
Musiques oubliées
Le “Carnaval” de Schumann avec une interview de Charles Rosen
Mario Castelnuovo-Tedesco
Marie-Catherine Girod, la passion de découvrir
Le piano de Dvorak et Radoslav Kvapil
Contemporain
Anticipation d’un destin pour le piano
L’œuvre pour piano de Betsy Jolas
Jazz : Keep swingin’ !
Saison et interprètes
De la critique musicale
Adieu aux maîtres
Hommage à Lucette Descaves
Tatiana Nikolaeva, François-Joël Thiollier, Jean-François Heisser, Billy Eidi, Stéphane Blet
La Turquie et ses pianistes
Concours nationaux et internationaux
Concours internationaux Rubinstein et Sydney 1992
Avec une interview de Frank Braley
Professeurs
Les leçons particulières
L’examen des professeurs
Pédagogie
Le bon départ
Vaincre soi-même les difficultés
Comment travailler le 3/2
Savoir lire une partition d’après le livre de Sylvaine Billier
Apprendre le piano à l’âge adulte
Facture
Les 50 meilleurs pianos droits
Pianos d’occasion : comment acheter
Préparer les pianos de concert
Partitions, livres, disques
Les Sonates de Beethoven au banc d’essai


Un piano de concert


Le destin a voulu qu’en une année, en quelques mois même, nous ayons vu disparaître trois immenses pianistes, vénérés, appartenant déjà à l’histoire de la musique et qu’on s’était habitués à croire immortels : Wilhelm Kempff, 95 ans, Rudolf Serkin et Claudio Arrau, 88 ans. Ils étaient profondément différents, marqués par leur origine et leur histoire. Leur vie, pour des raisons bien différentes, n’avait pas été un long fleuve tranquille. Mais tous trois avaient servi leur art avec la même exigence et jusqu’à la limite extrême de leurs forces. Quelques mois plus tôt s’était éteint aussi le pianiste Jorge Bolet, 77 ans, trop tard connu en France (p.73).
Quand, dans la vie actuelle, on est considéré comme bon à jeter à cinquante ans, on peut se demander s’il est un autre métier au monde que l’on puisse exercer jusqu’à un âge aussi avancé, dans lequel on puisse, chaque jour encore, progresser et apporter au public quelque chose de plus, d’épuré, de serein, d’au-delà… Un métier où un vieillard est aimé, respecté, où l’on considère qu’il a encore quelque chose à dire et que ce quelque chose est unique, précieux à l’extrême…
Ainsi, à Lucette Descaves, née au début de ce siècle, qui enseigne encore aujourd’hui ce qu’elle a appris des grands compositeurs de son temps, de grands pianistes d’aujourd’hui, Bruno Rigutto, Pascal Rogé, Georges Pludermacher, Brigitte Engerer, Jean-Claude Pennetier, Jacques Taddéi, rendent hommage (p.74). Monstre sacré, Georges Cziffra, 70 ans, est encore l’objet d’une véritable dévotion (p.5). Cela n’empêche pas cependant d’apprécier la maturité épanouie, la beauté du visage, de l’âme, du jeu, d’une Maria Tipo (p.17) et bien d’autres interprètes que nous retrouvons au fil des pages. Et encore moins d’applaudir au succès de très jeunes artistes comme Frank Braley, lauréat du concours Reine Elisabeth de Belgique (p.94).
De même que la musique mêle les âges et les époques, de Beethoven (p.149) à Schumann (p.29), de Dvorak (p.46) à Betsy Jolas (p.51), en passant par Mario Castelnuovo-Tedesco, cet inconnu (p.39), elle mêle aussi allègrement les nationalités. Qui connaissait la vivante et passionnante école turque de piano (p.85) ?
L’année écoulée a vu se dérouler de nombreux événements. Faisant suite aux grands chambardements venus de l’Est et à la puissance montante du Japon, on assiste à une grande redistribution des cartes dans l’industrie du piano. Bernard Désormières aide les acheteurs à s’y retrouver (p.125).
Pianos neufs, pianos anciens. Les vieux aussi ont, là aussi, leur chance ! Car un piano ancien, ce n’est pas seulement une antiquité décorative que l’on pose au coin d’un salon. Il a encore sa vie, sa personnalité, sa sonorité propre, souvent très recherchée. Mais attention à bien acheter (p.141) !
Impossible, cette année de détailler notre sommaire. Il est trop riche. Signalons toutefois nos nouvelles rubriques. Professeurs (p.113), Amateurs (p.102), et la rubrique très pratique : Comment travailler tout seul (p.113). Outre les nouveaux pianos et partitions, voici les disques et livres de l’année (p.163). Cadeau ! Un beau livre sur l’histoire et la fabrication des pianos vous est offert par Schimmel (p.162).
A ses débuts, en 1986, la revue PIANO ressemblait à un vaillant petit piano droit, avec ses quelque soixante pages. Robuste, un peu fruste, il nous a permis de faire nos gammes et de vérifier l’intérêt que pourrait y porter un premier auditoire. Cet intérêt a été réel. Au fil des ans, la publication a pris de l’ampleur, notre sonorité s’est enrichie, les doigtés se sont améliorés. Nous vous présentons cette année, non sans quelque fierté, ce que l’on pourrait appeler notre PIANO… de concert : plus de 150 pages et plus de 500 g ! — avec un contenu de plus en plus complet et dense qui tente d’aborder tous les aspects de ce monde immense.
Mais un piano, même de concert, n’est jamais terminé (p.147). Il faut l’entretenir, le préparer. En avant, donc, pour un prochain numéro, avec l’aide, toujours précieuse, de vos suggestions et de vos conseils.
Michèle Worms