La Lettre du Musicien n°433 —  version pdf

La Lettre du Musicien n°433 — version pdf

5,00 €
VERSION PDF

mai 2013 — deuxième quinzaine

Autre version disponible :
La Lettre du Musicien n°433 - version papier - 5,00 €
Partager:

Au sommaire du n° 433

Politique culturelle : le bilan d’un an de gouvernement

Au concert : bis repetita placent ?

Le Philharmonique de Berlin vu par ses musiciens français

Salon de Francfort : les instruments à vent

“Apprendre” la composition

A Besançon, un conservatoire en ses nouveaux locaux

Cumul d’emplois : une nouvelle application de la règle des 115 %

Congé maternité des intermittentes du spectacle

Déclaration de revenus 2013 (suite)

Et nos rubriques habituelles : actualités, courrier, international, agenda et vie des artistes. Annonces de concerts. Nouveautés instruments, partitions, livres, CD, DVD. Stages, concours, classes de maître, manifestations dans les conservatoires…

62 offres d’emploi dans le numéro 433

Les annonces ne figurent pas toutes sur le site, la plupart ne se trouve que dans la version papier.

La musique pour tous

Résumons les faits. Karol Beffa, titulaire, pour l’année 2013-2014, de la chaire de création artistique du Collège de France, invite le pianiste Jérôme Ducros à y donner une conférence. Jérôme Ducros, plus artiste que diplomate, s’y livre à une critique quelque peu abrupte de l’atonalité.
Notre confrère Bruno Serrou s’enflamme aussitôt dans son blog, allant jusqu’à l’accuser de “révisionnisme” et de “négationnisme”.
Pascal Dusapin, qui fut lui-même titulaire de cette chaire, écrit au directeur du Collège de France, estimant qu’« on ne bâtit rien sur le sarcasme et sur la haine ». Philippe Manoury reprend la discussion sur le fond. Et ce n’est pas fini.
De leur côté, les compositeurs néotonaux élèvent la voix. Richard Dubugnon parle également de “haine” en évoquant un boycott systématique de la part des avant-
gardistes qui monopolisent, selon lui, subventions et commandes d’Etat, morceaux imposés au Conservatoire, certaines émissions de France Musique…
Observateur avisé de la vie musicale, Jacques Bonnaure donne son avis : « La musique contemporaine est devenue une minuscule niche marginalisée de plus en plus méconnue, sinon inconnue, du public cultivé lui-même. En dépit de sa vitalité, de sa créativité et de la personnalité réelle de nombreux acteurs, elle s’est mise (ou on l’a mise) en dehors du champ social réel, et elle intéresse désormais surtout des musiciens. »
Cette situation est très particulière dans le domaine de l’art. Dans les librairies, les classiques publiés dans des éditions de poche voisinent avec des nouveautés qui se vendent à des milliers d’exemplaires. Les musées attirent toujours le public, tandis que les “installations contemporaines” se vendent à prix d’or. Quant à la danse, La Bayadère ou Le Lac des cygnes ne font pas concurrence à des spectacles souvent très déjantés.
Pour la musique, il en fut à peu près de même, mais seulement jusqu’aux années 1950. « Aujourd’hui, imaginez qu’il n’y ait plus aucune création pendant un an ou deux (tonale ou non), ça ne secouerait pas la société », conclut cruellement Jacques Bonnaure.
« Faux ! réplique Yves Petit de Voize, directeur du festival de Pâques de Deauville. De nombreux compositeurs d’aujourd’hui remportent un grand succès auprès des mélomanes du monde entier, qu’il s’agisse de John Adams, Philip Glass, Steve Reich, Arvo Pärt… En France, les carnets de commande de certains compositeurs sont bien remplis, sans attendre les commandes de l’Etat. »
Laissons la conclusion à Marc-Olivier Dupin (voir Pédagogie) : « Les débats esthétiques me semblent, de fait, bien anciens… Selon les projets, j’écris tonal ou pas. »
La musique contemporaine pourrait vivre sa vie en France comme les autres arts, pour peu que l’on renonce aux anathèmes et que soit mieux respecté un certain équilibre.
Michèle Worms