La Lettre du Musicien n°441 —  version pdf
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décembre 2013

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Au sommaire du n° 441

Les festivals face à la crise

Le business des concerts dans les églises parisiennes

Dossier thématique : le violoncelle
Un dossier de 32 pages abordant l’histoire, le répertoire, l’enseignement, la carrière et la facture.

Le couvercle se referme sur les pianos Pleyel

Les émotions de l’élève sont-elles un frein à l’apprentissage musical ?

A Brest, un CRD tourné vers le Grand Ouest

Et nos rubriques habituelles : actualités, courrier, international, agenda et vie des artistes. Annonces de concerts. Nouveautés, partitions, livres, CD. Stages, concours, classes de maître, manifestations dans les conservatoires…

25 offres d’emploi dans le numéro 441

Les annonces ne figurent pas toutes sur le site, la plupart ne se trouve que dans la version papier.

 

Couperin, avec nous !

Les manifestations contre les nouveaux impôts et taxes diverses ont fait surgir des revendications catégorielles. Les professions concernées se sont donné des noms divers, pour la plupart ornithologiques : les Pigeons, les Poussins, les Dindons mais aussi d’autres plus révolutionnaires, comme les Bonnets rouges…
Les dernières nouvelles de la musique n’étant guère enthousiasmantes, nul doute que des catégories de protestataires vont, là aussi, se créer. Mais comme les musiciens sont des artistes, nous leur suggérons quelques qualificatifs issus de notre patrimoine, plus précisément de François Couperin dit le Grand (1668-1733), qui donna de si jolis titres à ses œuvres pour clavecin.
“Les Viéleux et les Gueux”. Il est question, selon la formule de la Fédération française de l’enseignement musical, « d’empêcher les artistes des orchestres et des théâtres lyriques d’enseigner et les professeurs de conservatoires de donner des concerts », alors que, de tout temps, les deux pratiques se sont enrichies mutuellement. Il est vrai que le cumul, parfois abusif de certains artistes doublement protégés (les Viéleux), se fait au détriment des autres musiciens (les Gueux). Voici déjà deux catégories antagonistes qui ont chacune de bonnes raisons de s’indigner. Mais comment peut-on repérer les cumuls abusifs ?
“Les Ombres errantes”. Ce sont, bien sûr, les intermittents du spectacle dont le régime est à nouveau fortement remis en question. Même si la Cour des comptes juge les artistes plus méritants que les techniciens, il y a du souci à se faire car « le déficit du régime présente entre un quart et un tiers du trou de l’assurance chômage qui se monte à 4 milliards d’euros fin 2013 » (Le Figaro, 27 novembre).
“Les Goûts réunis”. Ainsi pourraient s’intituler les quatre sociétés savantes (sociétés française de musicologie, d’analyse musicale, d’ethnomusicologie, d’acoustique musicale) qui travaillent sur les différents patrimoines culturels avec, on s’en doute, de maigres ressources. Voilà que le ministère de la Culture vient de leur supprimer les quelques subventions dont elles bénéficiaient encore (environ 50 000 euros pour les quatre réunies). Il espère sans doute que cette somme l’aidera à renflouer la Philharmonie de Paris…
“Les Jongleurs, Sauteurs et Saltimbanques”, toute la profession est mise en danger par les baisses de crédits dans les conservatoires, orchestres, théâtres lyriques, et les annulations pures et simples pour les petites formations. En proie à ce que François Couperin appelle “La Frénésie et le Désespoir”, les musiciens devront-ils aller jusqu’à ériger des “Barricades mistérieuses” et manifester contre “Les Folies françoises” ?
Face à tous les dangers, aux indécisions, aux mesures prises sans réflexion, bref à tous les “Bavolets flottants” qui nous gouvernent depuis si longtemps, la profession pourrait se réunir, avec ce mot d’ordre : « Couperin, avec nous ! »


Michèle Worms