La Lettre du Musicien n°481

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juillet-août 2016

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Brexit et musique

La déflagration produite par les résultats du référendum britannique – qui semblent, curieusement, avoir stupéfié autant les partisans du Leave que ceux du Remain – a trouvé des échos dans le monde culturel et musical, et notamment sur les réseaux sociaux, les premiers à réagir.

Rien de plus normal : la musique ne connaît pas de frontières. Bien avant la construction européenne, le continent a toujours été sillonné par des compositeurs allant de capitale en capitale pour faire représenter leurs œuvres, par des solistes réclamés pour de longues tournées. Quelques noms viennent spontanément à l’esprit : Lassus, Haendel, Mozart, Paganini, Liszt… parmi tant d’autres.
Aujourd’hui, pour les jeunes musiciens, l’Europe est le cadre de vie et de travail naturel. Combien de Français ont pu étudier à Londres ou ailleurs en Europe, combien de Britanniques ont fait de même dans les conservatoires français ou allemands ? Tout cela grâce au programme Erasmus, l’une des belles réussites de l’intégration européenne.
Le monde musical devrait être touché partout en Europe, mais c’est naturellement pour nos voisins britanniques que les conséquences de cette sécession seront les plus sensibles.

D’abord parce que l’Europe soutient la culture au Royaume-Uni, via le programme “Europe créative”, à hauteur de onze millions d’euros (chiffres 2014-2015). Une aide qui bénéficie à de nombreuses institutions du pays, mais essentiellement aux deux compagnies lyriques londoniennes : Covent Garden et l’English National Opera. Sans compter ce que versent les fonds structurels européens. Certes le Royaume-Uni, quittant l’Europe, ne contribuera plus au budget de celle-ci. Mais réaffectera-t-il pour autant une part de la manne économisée à ses institutions musicales ?
Ensuite, parce que l’engagement de musiciens britanniques en France risque d’être plus compliqué – au moins administrativement – s’ils ne sont plus ressortissants de l’Union européenne. L’Association britannique des orchestres en est bien consciente qui, le jour même de l’annonce du résultat du référendum, a mis en garde contre les conséquences du Brexit sur les tournées de musiciens et d’orchestres en Europe (The Strad, 24 juin).

Passé le premier moment de stupeur, il faut toutefois raison garder. Les négociations de sortie du Royaume-Uni vont être longues et complexes. Personne, à ce jour, ne sait quel sera le statut du pays vis-à-vis de l’Union européenne. Mais il ne faudra évidemment pas plus de visa pour aller jouer à Londres qu’il n’en faut aujourd’hui pour se produire en Suisse.
Et pour finir sur une note légère : vous voulez aider un de vos amis musiciens à conserver son passeport européen ? Epousez-le !

Philippe Thanh