La Lettre du Musicien n°483

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octobre 2016 — première quinzaine

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A l’Ouest, du nouveau

L’ouverture d’une nouvelle salle de concert est toujours un événement. La naissance de la “Seine musicale” sur l’île Seguin, entre Paris et Boulogne-Billancourt ne fait pas exception, d’autant que le projet ne manque pas d’ambition.
Il n’y a pas si longtemps, il était de bon ton d’entonner le refrain du désert parisien en matière d’auditoriums. Certes, nous avions un Opéra bipolaire (Garnier et Bastille), trois belles salles historiques (Pleyel, le théâtre des Champs-Elysées et le Châtelet), mais de grande salle de concert digne du 20e siècle… puis du 21e siècle, point. Alors que dans le même temps, des capitales régionales se dotaient ­d’auditoriums à rendre jaloux le mélomane francilien.
Depuis les grands chantiers du président Mitterrand où un haut fonctionnaire n’eut de cesse d’arracher le futur Opéra au projet de Cité de la musique, tous les prétextes furent bons pour différer la construction de l’auditorium symphonique, voulu et âprement défendu par Pierre Boulez. Il a vu enfin le jour, et la Philharmonie de Paris est là et rencontre le succès (1,2 million de visiteurs la première année).
A l’autre extrémité de la capitale, la Seine musicale va consacrer l’île Seguin à la musique et aux loisirs après qu’elle le fut au travail en usine et ait connu, depuis, bien des vicissitudes. Ce complexe porté par le conseil départemental des Hauts-de-Seine, sera inauguré en avril prochain. Il a été réalisé grâce à un partenariat public-privé qui ne devrait (presque) rien coûter à la collectivité : les partenaires privés construisent la salle et l’exploitent pendant trente ans, au terme desquels le lieu reviendra au département. Espérons que ce modèle se révélera aussi ­vertueux qu’il le paraît.
La programmation de la Seine musicale n’est encore que partiellement connue (voir p. 5). Mais que Jean-Luc Choplin, après sa réussite au théâtre du Châtelet, en ait pris les rênes est de bon augure. Attendons donc le printemps pour juger de la programmation et de la réussite acoustique des deux salles, l’une en vignoble pour la musique classique (1 150 places), l’autre en amphithéâtre pour les ­spectacles (comédie musicale, théâtre musical…) et les autres formes de musique (4 000 à 6 000 places).
Ainsi, en quelques années, on sera passé de la pénurie à l’abondance en matière de salles de concert, avec – ne l’oublions pas – l’ouverture de l’auditorium de Radio France. Le seul regret sera le retrait de la salle Pleyel du circuit classique, pour des raisons de concurrence. Elle rouvre aujourd’hui après d’importants travaux (alors qu’elle avait été refaite dix ans plus tôt) pour se consacrer à la musique de variété “de qualité”. On notera que la question de la concurrence avec ­l’Olympia ou le Zénith n’aura pas fait débat.
Il reste à souhaiter que l’offre crée la demande et que l’ouverture de la Seine musicale augmente le public de la musique classique.

Philippe Thanh