La Lettre du Musicien n°488

La Lettre du Musicien n°488

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janvier 2017

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Les dérives du financement participatif

De la démocratisation culturelle et des conservatoires

Anniversaire : Claudio Monteverdi (1567-1643), premier compositeur “grand public”

Les musiciens et la pratique des langues

Qui a dit : « Solfège, je vous hais ! » ?

La tribune de Benoît Menut : « Le cri de l’écrit »

Direction de conservatoire : la parité est encore loin

La modification du contrat de travail des agents publics

Contrefaçon d’une œuvre musicale : de la difficulté d’échapper à une condamnation

14 offres d’emploi dans le numéro 488

Nouveau public ?

Montée du populisme, chefs d’Etat terrifiants, péril terroriste, guerres, millions de migrants… 2017 se présente mal ! Pour la France ce sera une année de plus perdue, après tant d’autres, cette fois pour cause d’élections. Dans le domaine de la culture, on apprend chaque jour de nouvelles catastrophes. On ferme, on coupe, on fusionne, on supprime des postes, on ratiboise…
Pour la musique, les responsables du désastre invoquent les fausses raisons habituelles : elle coûte cher à la collectivité, alors que le public des concerts est limité, et plutôt âgé. Ils cherchent ainsi à faire oublier la mission artistique vitale de la musique classique dans notre civilisation.
Pour défendre la musique et attirer de nouveaux publics, les conservatoires, les ensembles se mobilisent : orchestres d’enfants, chorales, interventions dans les écoles, places quasi gratuites dans les salles de concert et théâtres lyriques…
La sensibilisation du jeune public est en marche. Mais l’on sait que ces actions ne portent leurs fruits qu’au bout de longues années. Les conservatoires notent une baisse d’effectifs lorsque les élèves abordent les classes secondaires. Même très motivés, les adultes devront réduire, voire abandonner leur pratique musicale pendant leurs études, puis en raison de leurs obligations professionnelles et familiales.
Lorsqu’enfin retraités, ils pourront s’y remettre avec joie, ils feront alors partie de ce public âgé vilipendé, qu’on se plaint de tant voir dans les concerts !
Il existe cependant aujourd’hui, laissé en friche, un immense public potentiel, adulte, cultivé, disposant de temps libre, et de quelques moyens. Il s’agit de ces centaines de milliers de professeurs à qui l’Education nationale n’a jamais donné l’enseignement artistique sérieux, profond, de longue durée, auquel tout citoyen devrait avoir droit.
Les enseignants pourraient bien être notre dernière carte. Alors, jouons-la, mais à fond. Invitons-les au concert à des prix réduits, voire gratuitement. A l’Opéra, réservons-leur des places d’avant-première à 15 euros. Créons des classes dans les conservatoires. Du coup, c’est peut-être ceux-là (même s’ils ne sont que quelques milliers !) qui auront à cœur de sensibiliser aussi leurs élèves !
Exigeons donc de notre prochain président de la République qu’il nomme un(e) ministre de la Culture digne de ce nom et qui, en relation avec un(e) excellent(e) ministre de l’Education nationale, puisse faire connaître, aimer, voire pratiquer la musique aux enseignants.
Cela, en outre, pourrait les aider à supporter leur métier de plus en plus difficile. Ce serait tout bénéfice !
C’est avec cet espoir que nous vous adressons, chers lecteurs, nos vœux les plus chaleureux pour la nouvelle année.

Michèle Worms