La Lettre du Musicien n°489

La Lettre du Musicien n°489

5,50 €
Version PDF

février 2017

Autre version disponible :
La Lettre du Musicien n°489 — version papier - 5,50 €
Partager:
La région Ile-de-France coupe les vivres à l’Ariam

Après Paris, Hambourg inaugure sa Philharmonie

En régions, regard sur les orchestres non permanents

Entre mal savoir et bien ignorer… choisissez de bien ignorer

Conservatoires : Ouvrir le répertoire, oui, mais jusqu’où ?

Le droit à l’image des musiciens

Compte personnel de formation : désormais ouvert aux agents publics

9 offres d’emploi dans le numéro 489
Les annonces ne figurent pas toutes sur le site, la plupart ne se trouve que dans la version papier.

Musique en prime time

A la télévision, le temps des rendez-vous réguliers de musique classique à une heure de grande écoute est révolu. Sans remonter à Bernard Gavoty, Pierre-Petit ou Jacques Chancel, “Musiques au cœur” d’Eve Ruggieri a pris fin en 2009 (au fil des ans, l’émission passait de plus en plus tard), Alain Duault ne présente plus que des événements annuels comme son “Musiques en fête” au théâtre antique d’Orange, ou encore des retransmissions de festivals d’été.
Pour autant, le classique n’est pas absent du service public, sous forme pédagogique lorsque Jean-François Zygel donne aux téléspectateurs “Les Clés de l’orchestre”, ou de divertissement comme avec “Prodiges” qui met en compétition de jeunes musiciens (2,9 millions de téléspectateurs sur France 2 pour l’émission de décembre).
Les musiciens apparaissent désormais hors des émissions spécialisées : le chef d’orchestre Daniel Harding a été l’invité de “C à vous” (France 5) le 23 janvier, le contre-ténor Philippe Jaroussky a été un éphémère, mais remarqué, présentateur de la météo (TMC, le 8 décembre) !
En ce début d’année cependant, France 3 nous a offert deux grands rendez-vous en prime time. Le 6 janvier, Anne Sinclair a présenté la deuxième édition de son “Fauteuils d’orchestre”. Elle recevait, comme dans un salon, Renaud Capuçon, souriant et très à l’aise. Sur scène, on a pu voir aux côtés de l’Orchestre national de France, une pléiade de musiciens parmi lesquels s’était glissée Martha Argerich.
Le 1er février, retransmission des “Victoires de la musique classique”. Lumières, flonflons, the show must go on ! A côté des nominés ne se trouvaient que des vedettes de premier plan, voire des gloires internationales, de Sonya Yoncheva à Jonas Kaufmann. Malgré cet effort d’excellence, l’audience des Victoires a baissé, passant de 1,6 million à 1,3 million de téléspectateurs. On peut alors se demander si la formule ne s’est pas usée au fil des ans.
L’animatrice présente l’artiste. Frédéric Lodéon bredouille quelques mots avec sa bonhomie habituelle. Le musicien interprète, admirablement. Puis, place au suivant. Par ailleurs, comme c’est souvent le cas dans la mise en image de la musique classique, les caméras tournent de tous les côtés, changeant de plans sans arrêt, allant des doigts du pianiste à la baguette du chef, du corniste en solo au gosier de la soprano ! De quoi empêcher d’écouter la musique !
Ne pourrait-on diminuer le nombre d’artistes et varier leurs prestations : enchaîner des duos ou trios, faire éventuellement des petites mises en scène ? Ou encore – sans être taxé de repli identitaire ! – proposer plus de musique française, voire quelques joyeux airs d’opérette ? Et nous laisser regarder tranquilles ! Il reste à saluer France 3 pour avoir ainsi consacré deux grandes soirées à la musique classique.
Michèle Worms