La Lettre du Musicien n°494
La Lettre du Musicien n°494

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juin 2017

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The right woman in the right place ?

La nomination de Françoise Nyssen au ministère de la Culture nous amène à nous ressouvenir des ministres qui se sont succédé à ce poste depuis la création de La Lettre du Musicien, fin 1984. Il y en a eu treize, dont plusieurs sont déjà oubliés, peut-être à tort pour certains.
Les connaisseurs Les plus brillants avaient le “profil”, ayant déjà œuvré dans un ou plusieurs domaines culturels. Ce fut le cas, notamment, de Jack Lang (1984-1986, puis 1991-1992), qui avait été directeur de troupes théâtrales, ou encore de Frédéric Mitterrand (2009-2012), auteur de films d’opéra et de documentaires culturels. Rappelons cependant que Jack Lang accepta sans barguigner de rattacher les enseignants des conservatoires à la fonction publique territoriale (avec alignement sur le temps de travail des autres employés municipaux), une catastrophe si La Lettre du Musicien n’avait pas alerté à temps le milieu musical.
Les indifférents Ils ont été, hélas, nombreux, soit parce qu’ils ne connaissaient pas bien leur sujet, soit parce que le “job” ne les intéressait pas. Ce fut notamment le cas, bizarrement, de Jacques Toubon (1993-1995), grand amateur d’art, et particulièrement de musique, mais qui avait souhaité un autre ministère.
Les décisionnaires D’autres ont attaché leur nom à une ou deux actions, qu’elles soient positives, comme Jean-Jacques Aillagon (2002-2004) avec la loi favorisant le mécénat d’entreprise, ou négatives, comme Catherine Trautmann (1997-2000) décidant de vendre la salle Pleyel. Elle accepta aussi de fondre la direction de la Musique avec celles du Théâtre et des Spectacles dans un vaste ensemble devenu, par là même, bureaucratique.
Les inexpérimentés Ils (elles) ont été parfois même nommés sans avoir un profil culturel particulier, donc pour des raisons autres. Politiques ? Pour obéir à l’exigence de parité ? Ou, tout simplement, par désintérêt pour la question ? Certes, les budgets se resserrent et les capacités d’action sont limitées. Mais fallait-il baisser les bras pour autant ?
Alors, comment ne pas se réjouir de la nomination de Françoise Nyssen, présidente des éditions Actes Sud, au poste de ministre de la Culture ? Contrairement à certains de ses prédécesseurs, Mme Nyssen sait ce dont elle parle, car elle a abordé tous les domaines de la culture (voir A l’affiche). A côté de sa maison d’édition, elle a créé le centre culturel du Méjan, qui organise concerts, expositions et rencontres culturelles. Et elle connaît même le ministère pour y avoir travaillé en 1978.
Enfin, Mme Nyssen aborde sa tâche avec humilité. « Je n’ai pas beaucoup de pratique de la chose, a-t-elle déclaré, je demande beaucoup d’indulgence. »
Que dire de plus ? Se pourrait-il que Mme Nyssen soit enfin the right woman in the right place pour donner son vrai poids à la culture et, pour ce qui nous concerne, à la musique ? Il n’est pas interdit d’espérer !

Michèle Worms