La Lettre du Musicien n°497

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septembre 2017

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Des signaux positifs

Comment se présente la nouvelle saison pour les musiciens ? L’été n’a pas manqué de signaux positifs venus de nos dirigeants.
Que l’on apprécie ou non le président de la République, on saluera le fait qu’Emmanuel Macron ait assisté, lors de sa visite en Autriche, non seulement à un concert de Martha Argerich et Daniel Barenboïm, mais aussi à une classe de maître du pianiste Dominique Merlet (voir p. 7). C’est très certainement une première sous la Ve République.
En effet, depuis Valéry Giscard d’Estaing qui aimait Mozart et jouait de l’accordéon, on n’avait pas eu de président mélomane. François Mitterrand était surtout amoureux des livres. Jacques Chirac, amateur d’arts asiatiques, se montrait parfois au concert, applaudissait chaleureusement les artistes à leur entrée sur scène… et plongeait dans un profond sommeil dès les premières notes. Notons qu’il parlait volontiers d’éducation artistique dans ses discours, même si cela s’est peu traduit dans les faits. Bien qu’il ait épousé d’abord une descendante ­d’Albeniz puis une musicienne, Nicolas Sarkozy n’a pas fait grand-chose pour la musique. Passons enfin sur le désintérêt total de François Hollande pour la musique et pour la culture en général.
Autre signal positif, la rentrée des écoles s’est faite en musique à la demande du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Une bonne nouvelle malgré les problèmes que cette annonce tardive (faite au début de l’été) a pu occasionner (voir Courrier). Mais seize phalanges et non des moindres (orchestres National de France, de Paris, de Lille, de Lorraine, du Capitole, Musiciens du Louvre…) ont joué le jeu et délégué des musiciens dans des écoles pour ­accueillir les jeunes élèves. C’était bien évidemment plus facile pour des phalanges dont les musiciens sont salariés que pour des ensembles qui devaient réunir des intermittents pour l’occasion, mais enfin, ne boudons pas…
Plus important encore, la volonté du ministre de voir chaque école ou collège disposer d’un orchestre ou d’une chorale. Car c’est à l’école – puisque ça n’est plus dans les familles – que les enfants peuvent se familiariser avec la musique. Encore un point positif, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, est une mélomane (voir Actualités) et semble bien décidée à travailler main dans la main avec son collègue de l’Education nationale.
Mais en même temps (sic), la baisse de la dotation des collectivités territoriales se poursuit, y compris par le biais de la diminution des contrats aidés. Gageons que la culture sera l’un des premiers secteurs touchés dans des villes contraintes de rogner sur leurs dépenses… La saison risque donc d’être difficile pour les conservatoires et les ensembles spécialisés. Nos décideurs sauront-ils, au-delà des signes positifs qu’ils ont envoyés, prendre réellement en compte les besoins de l’éducation musicale et les attentes des musiciens ?

Philippe Thanh