La Lettre du Musicien n°499 — version pdf
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octobre 2017 — deuxième quinzaine

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Pour une Europe des musiciens

Fin septembre, Emmanuel Macron a prononcé à la Sorbonne un fervent plaidoyer pro-européen. Si son discours a pu diviser sur les questions économiques, avec notamment le projet de créer un budget de la zone euro, il a en revanche séduit plus largement lorsqu’il a abordé le thème de la jeunesse. Vantant le programme d’échanges d’étudiants Erasmus, le président de la République a dit souhaiter que la moitié d’une classe d’âge puisse passer au moins six mois dans un autre pays européen.
L’Europe et la musique font, par essence, bon ménage. François Couperin parlait déjà à l’époque baroque des “goûts réunis”, pour définir le mélange des différents styles musicaux du continent. Compositeurs et interprètes ont, de tout temps, été de grands voyageurs. Et on ne manquera pas de rappeler que l’hymne européen n’est autre que l’un des chefs-d’œuvre de la musique occidentale.
Et aujourd’hui, qu’en est-il ? Les musiciens ont plus que jamais l’âme européenne – il suffit de voir combien nos collègues d’outre-Manche sont dépités par le résultat du Brexit. Les orchestres sont de plus en plus internationaux, un “cosmopolitisme” musical qui, sans nier l’identité culturelle propre à chaque pays, engendre un esprit d’ouverture salutaire.
Au cours de leurs études, une partie des étudiants des conservatoires supérieurs français tente l’aventure Erasmus. C’est l’occasion pour ces futurs professionnels de passer plusieurs mois dans un autre conservatoire européen et de découvrir ainsi d’autres techniques de jeu, des sonorités différentes et de confronter les esthétiques.
Mais une chose est sûre : Erasmus est encore trop peu utilisé par les étudiants musiciens. Plusieurs explications sont possibles : les professeurs, appartenant souvent à une génération qui n’a pas connu ce programme d’échanges, en font trop peu la publicité auprès de leurs élèves. Et ces derniers peuvent aussi avoir peur, en quittant pour quelques mois la France, de perdre le réseau d’orchestres, de cours, de cachetons qu’ils ont mis en place ici. Mais ces hésitations, pour légitimes qu’elles soient, ne doivent pas masquer l’essentiel : partir étudier à l’étranger est une opportunité unique, tant sur le plan purement musical que d’un point de vue plus large, permettant notamment de s’ouvrir à d’autres façons de penser et… d’améliorer la maîtrise d’une langue étrangère (grand point faible des Français, et notamment des musiciens !).
Alors osons cette proposition : rendre l’échange Erasmus obligatoire dans les conservatoires supérieurs, à l’instar de ce qui se fait à Sciences Po, où les étudiants doivent passer la troisième année de leur cursus à l’étranger. A condition que cet échange puisse avoir lieu pendant le cursus et non à la fin, afin de dissiper les craintes des étudiants. Et que les professeurs soient mieux informés et plus engagés à former de vrais artistes européens. La musique et les musiciens en sortiront à coup sûr gagnants !

Antoine Pecqueur