La Lettre du Musicien n°427

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janvier 2013

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Au sommaire de ce numéro

Les sociétés de répartition font de la résistance

La billetterie en pleine mutation

Anniversaire : Francis Poulenc (1899-1963)

Quelles perspectives pour les orchestres en 2013 ?

Musiciens, faites de l’écriture !
2. L’enseignement de l’écriture en France aujourd’hui

Prévenir les risques auditifs dans les conservatoires

Droit d’auteur, droits voisins
2. Les droits patrimoniaux

Et nos rubriques habituelles : actualités, courrier, international, agenda et vie des artistes. Annonces de concerts. Nouveautés instruments, partitions, livres, CD, DVD. Stages, concours, classes de maître, manifestations dans les conservatoires…

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Chahuts de fin d’année

Quelques soirées lyriques, en décembre, ont engendré un beau chahut, notamment à Milan et à Paris. Rappel des faits.

Milan, 3 décembre Cecilia Bartoli, mezzo-soprano assoluta, se fait huer à la Scala, lors d'un récital avec orchestre : « Povero Rossini ! », « Torna a casa ! » entend-on. Le chef d'orchestre Daniel Barenboïm doit prendre la parole pour calmer les esprits. Est-ce parce que la chanteuse a souvent médit du public italien, ou que sa voix - qui n'est pas des plus grandes - s'est perdue parmi les ors de ce théâtre de 2 800 places ?

Paris, 4 décembre Nouvelle production de Carmen, transposée de façon somme toute très conventionnelle dans l'Espagne de la movida. Au rideau final, déchaînement du public. Le metteur en scène est hué (rien que de très banal pour une première à l'Opéra de Paris), mais le chef et les deux protagonistes aussi (Anna Caterina Antonacci et Nikolai Schukoff). Nous renvoyons nos lecteurs au site Internet de La Lettre du Musicien où les comptes rendus de spectacles sont désormais exclusivement publiés, ce qui permettra à l'avenir de les lire beaucoup plus tôt que dans l'édition papier.

Milan, 7 décembre Stéphane Lissner, surintendant de la Scala et successeur de Nicolas Joel à la tête de l'Opéra de Paris, a osé ouvrir la saison milanaise avec un opéra étranger - Lohengrin de Wagner - et non un Verdi comme la tradition l'aurait voulu. Ambiance quasi insurrectionnelle parmi les tiffosi, l'absence du président de la République italienne (une entorse à la tradition) étant interprétée comme un désaveu de ce choix wagnérien. Finalement, la qualité du spectacle et des interprètes - Jonas Kaufmann dans le rôle-titre - calme les esprits. A moins que ce ne soit sa durée (4h50) !

Paris, 10 décembre Le Théâtre des Champs-Elysées accueille une production venue de La Monnaie de Bruxelles, la Médée - forcément sulfureuse - du metteur en scène Krzysztof Warlikowski. Cette fois, l'ire d'une partie du public se manifeste en plein spectacle, à l'occasion d'un interlude musical des sixties, bien étranger à Cherubini : « Arrêtez avec cette musique de m... ! » Au point qu'un des chanteurs, Vincent Le Texier, suggère aux plus énervés de sortir de la salle.

Quelles leçons tirer de tout cela ? D'abord qu'il y a beaucoup plus d'animation dans les théâtres lyriques que dans les salles symphoniques. Ce qui tendrait à prouver que l'opéra n'est pas si moribond que cela puisqu'il déchaîne encore de tels emportements. Ensuite, que le public lyrique reste incroyablement mal élevé : huer Antonacci à Bastille n'avait aucun sens (la chanteuse a été trahie par la mise en scène et par la salle, elle reste l'une des vraies Carmen d'aujourd'hui), interrompre le cours de la représentation de Médée non plus.
Décembre chahuté, janvier apaisé ? C'est ce que nous souhaitons à tous, artistes et public. Et à vous, Chers Lecteurs, une belle et heureuse année 2013 !
Philippe Thanh