La Lettre du Musicien n°507

La Lettre du Musicien n°507

5,50 €
Version Papier

avril 2018

Autre version disponible :
La Lettre du Musicien n°507 — version pdf - 5,50 €
Partager:

Le Golfe et la musique classique : une relation ambiguë

Instruments rares :une nouvelle tendance de la création

Le marketing des orchestres : l’art des produits dérivés

Nouveaux instruments, nouveaux langages

Former les musiciens au CA l’exemple du CNSMD de Paris

Gestion des enseignants à temps non complet dans plusieurs collectivités

A Caen, un conservatoire au diapason contemporain

Prélèvement à la source de l’impôt : ce qui va changer

23 offres d’emploi dans le numéro 507

Indispensable musique contemporaine

« Créer, c’est résister » : la célèbre formule du philosophe Gilles Deleuze résume bien la position dans laquelle se trouvent aujourd’hui les compositeurs. Car la musique contemporaine est parfois délibérément mise à l’écart. Dernier exemple en date : l’annonce de la fermeture des classes du département de composition du conservatoire de Levallois-Perret. Un comble quand on sait qu’il s’agit de l’une des villes les plus riches de la région parisienne.
Les griefs à l’égard de la création sont toujours les mêmes : la musique contemporaine serait trop compliquée, ferait fuir le public et n’intéresserait qu’une minorité de happy fews. Autant de clichés que bat en brèche le numéro de La Lettre du Musicien que vous tenez entre vos mains. Vous y découvrirez par exemple le travail accompli par Thierry Escaich avec les élèves du conservatoire de Caen – les compositeurs étant aussi, dans bien des cas, de formidables pédagogues. Ce reportage à Caen montre combien il est essentiel que les conservatoires soient connectés au monde de la création.
Notre collaborateur Laurent Vilarem s’est quant à lui intéressé à la passion des compositeurs pour les instruments rares. La musique contemporaine fait ainsi revivre harmonicas de verre et autres thérémines, pour le plus grand bonheur du public, fasciné par ces sonorités inédites. D’autant qu’aujourd’hui la musique contemporaine fourmille de multiples courants : du minimalisme à la saturation, du post-spectralisme au néoclassicisme, il y en a pour tous les goûts. Cette variété des esthétiques fait que l’on voit de plus en plus de musiciens-compositeurs ; c’est le cas d’Olivier Korber, qui est également spécialiste des marchés financiers, à qui nous consacrons notre portrait “double vie”. Vous le voyez : la musique contemporaine est partout !
Pourtant, les femmes compositrices demeurent les éternelles absentes des programmations. Une quasi-invisibilité que dénonce Laure Marcel-Berlioz, directrice du Centre de documentation de la musique contemporaine, dans un entretien réalisé pour ce numéro. Chiffre dérisoire : les œuvres des compositrices d’aujourd’hui représentent 1 % des pièces jouées en concert… Elles sont pourtant nombreuses ! Edith Canat de Chizy, Florentine Mulsant, Betsy Jolas, Kaija Saariaho, Camille Pépin, mais aussi Pascale Criton, Claire-Mélanie Sinnhuber, Eliane Radigue, Tiziana de Carolis… La liste est longue.
Pour La Lettre du Musicien, qui a fondé il y a dix-huit ans le Grand Prix Lycéen des Compositeurs (maintenant porté par Musique nouvelle en liberté), la création est un engagement indispensable. C’est grâce aux compositeurs d’aujourd’hui que la musique n’est pas un seulement un art patrimonial, mais un laboratoire bien vivant… et terriblement excitant.

Suzanne Gervais et Antoine Pecqueur