Dossier SAXOPHONE
Dossier SAXOPHONE

Dossier SAXOPHONE

10,00 €
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Un dossier spécial
publié dans le numéro 464
de La Lettre du Musicien
(juin 2015)

Autre version disponible :
Dossier SAXOPHONE (n° 464) - version PDF - 10,00 €
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Etre saxophoniste aujourd’hui

Dans le classique comme dans le jazz, les musiciens sont de plus en plus ouverts et dépassent les clivages stylistiques et nationaux.

L’enseignement

Le saxophone est d’autant plus attrayant pour les élèves qu’il leur est possible, assez rapidement, d’en jouer des morceaux simples. Son répertoire éclectique permet en outre de satisfaire tous les goûts. Trois professeurs livrent leurs conseils pour exploiter au mieux les possibilités de cet instrument jeune et tourné vers la création.

Instruments et accessoires

La déferlante de la production chinoise a bousculé l’univers du saxophone comme celui d’autres instruments. Les grandes marques historiques ont été contraintes de revoir leur modèle économique, soit en se spécialisant encore davantage sur le haut de gamme, soit en délocalisant une partie de leur production pour rester concurrentielles. Quant au saxophoniste, il n’a sans doute jamais bénéficié d’une offre aussi vaste.

Une brève histoire

Etrange destin que celui de cet instrument jeune, ou plutôt arrivé trop tard pour être membre permanent d’un orchestre symphonique à peu près figé vers 1830. Pour autant, il est l’un des rares instruments à avoir été utilisés dans tous les répertoires. Petit condensé d’histoire du saxophone dans la musique classique.

Un répertoire qui s’enrichit

A l’engouement des compositeurs pour le saxophone à ses tout débuts, succéda une période de désaffection – due en partie au développement d’un répertoire presque exclusivement militaire à la fin du 19e siècle. Le renouveau vint d’une mécène américaine qui, à l’aube du 20e siècle, passa de nombreuses commandes et enrichit le répertoire d’œuvres de qualité.
Dossier réalisé par Jean-Marie Paul, Antoine Pecqueur, Marc Rouvé et Pierre Wolf-Mandroux

Le saxophone, instrument des possibles

Le saxophone est à jouer sans œillères. Difficile même de le définir tant le “sax” est pluriel. Cet instrument – classé parmi les bois malgré les apparences – constitue une famille à part entière, du soprano au basse (voire, pour les plus téméraires, du sopranino au contrebasse !). Chacun a sa propre personnalité, un timbre unique. Certains musiciens jouent sur les modèles “dernier cri”, tandis que d’autres privilégient des instruments historiques, au grain reconnaissable – il faut impérativement écouter le son d’un ténor de l’époque du Boléro de Ravel ! Aujourd’hui, la facture de l’instrument est en plein bouleversement avec l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché, venus d’Asie. Faut-il craindre la déferlante de saxophones low cost ou bien se réjouir de cette démocratisation de l’instrument ? Le débat est ouvert !
Les mauvaises langues diront que le répertoire de l’instrument est limité : peu de concertos, quasiment pas de solos d’orchestre. C’est vrai, mais… il y a les transcriptions. On y trouve, avouons-le, le meilleur et le pire. Il y a les saxophonistes qui jouent Bach, Mozart ou Piazzolla sans connaissance du style. Heureusement, ils sont de plus en plus rares. L’“historiquement informé” a désormais cours dans les conservatoires. On peut donc jouer des pièces de Zelenka au saxophone soprano avec les plus beaux phrasés baroques, avec toute l’agogie requise. Mais surtout, l’étroitesse du répertoire doit inciter les musiciens à se lancer dans la création contemporaine. L’œuvre du saxophone est encore à construire. D’autant que les compositeurs sont friands de cet instrument, aux possibilités (presque) infinies. Aux musiciens d’aller à leur rencontre, de leur passer commande de pièces solos, pour quatuor, avec percussions… En parallèle, il ne faut pas oublier les pièces modernes et contemporaines déjà écrites, comme celles de Haas, Sciarrino, Stockhausen, Dusapin… Tous les courants sont représentés.
Et le jazz ? Les saxophonistes sont de plus en plus ouverts, et l’on voit peu à peu les classiques se lancer sur ce terrain. Par le biais de l’improvisation libre déjà, avant de maîtriser tous les codes du genre. Plus que jamais, chez les saxophonistes, l’heure est donc à l’ouverture. La raison en est artistique mais aussi économique. Pas facile pour un musicien de survivre dans la conjoncture actuelle. Le débouché principal des saxophonistes est l’enseignement ; or, confrontés à une baisse de leurs financements, les conservatoires réduisent la voilure, avec des diminutions voire des fermetures de classes. Les “cachetons” en orchestre sont rarissimes et réservés à quelques noms. Le saxophoniste doit donc inventer de nouveaux modèles, qui passent le plus souvent par la création de groupes, par des projets pluridisciplinaires. Vent debout, même dans la tempête.   

Antoine Pecqueur