Spécial Musique ancienne

Spécial Musique ancienne

10,00 €
Version papier

Un numéro spécial
de La Lettre du Musicien
(521 — mars 2019)

Autre version disponible :
Spécial Musique ancienne (521) version pdf - 10,00 €
Partager:

Aux Pays-Bas, la résistance de la musique ancienne

Le pays de la révolution baroque a beau souffrir d’importantes coupes budgétaires depuis la crise de 2008, il attire toujours des interprètes et des passionnés de musique ancienne du monde entier. Certains appellent toutefois les Pays-Bas à ne pas s’endormir sur leurs lauriers, notamment face à la concurrence grandissante d’autres pays.

Ensembles baroques : une inégalité entre anciens et modernes

Les disparités de fonctionnement entre les formations pionnières de la révolution baroque et les nouveaux entrants sont patentes : si les premières sont devenues des institutions, les jeunes s’inscrivent dans des modèles très fragiles d’autogestion. Comment réduire ces inégalités dans un marché extrêmement concurrentiel ?

Le marché des instruments historiques

La vogue des instruments anciens ne se dément pas, que ce soit sous la forme de copies modernes confiées à des artisans spécialisés ou dans la recherche effrénée de l’original. Analyse d’un secteur aux multiples facettes.

Olivier Féraud : « L’archéolutherie est un travail d’enquête »

A l’instar d’Olivier Féraud, basé à Lyon, les fabricants d’instruments médiévaux et renaissants ont une démarche résolument différente de celle des luthiers traditionnels.

Lutherie baroque : la Chine dans les starting-blocks

Les luthiers français sont de plus en plus nombreux à vendre à des prix imbattables des instruments à cordes baroques fabriqués en Chine. Un phénomène qui soulève néanmoins quelques questions.

Nicolas Bucher : « Le CMBV veut créer un parc instrumental pour les musiciens »

Le Centre de musique baroque de Versailles lance un vaste chantier pour étoffer son parc instrumental. Premier objectif : les anches doubles. Le point avec Nicolas Bucher, son directeur.

Répertoire baroque sur partitions modernes

Longtemps, la rareté des éditions modernes a freiné la diffusion de la musique baroque, notamment française. Les choses ont bien changé et les exécutions sur des copies d’éditions d’époque ne sont plus de rigueur aujourd’hui, grâce à un effort éditorial considérable.

Instruments anciens ou modernes, faut-il choisir ?

Les doubles cursus mêlant instruments historiques et modernes commencent à se développer dans les conservatoires. Mais la France semble encore en retard par rapport à l’étranger.

Moyen Age et Renaissance, parents pauvres de l’enseignement musical

Dans les départements de musique ancienne, le baroque se taille la part du lion et éclipse les répertoires plus anciens. Pour le musicien qui souhaite s’y frotter, la formation prend des airs d’Odyssée.

Les “Boréades”, l’exception juridique de la musique baroque

A l’affiche ce mois-ci de l’Opéra de Dijon, le dernier ouvrage lyrique composé par Jean-Philippe Rameau, en 1764, n’est tombé que très récemment dans le domaine public. Quel est le régime dont a bénéficié ce chef-d’œuvre ?

Les enjeux actuels de la musique ancienne

Rappelez-vous les Cassandre qui prédisaient que le mouvement de retour sur instruments anciens ne serait qu’une mode ; les mêmes, en grande partie, qui pensaient que la Philharmonie de Paris serait un échec… Aujourd’hui, le paysage musical est riche de plus d’une centaine de formations sur instruments d’époque. Une vitalité réjouissante, qui a conduit au développement de classes spécifiques dans les conservatoires. Le Réseau européen de musique ancienne organise, le 21 mars, sa journée annuelle : l’occasion de consacrer à ce domaine un numéro spécial de La Lettre du Musicien.
Où l’on constate que, désormais arrivé à une certaine maturité, ce secteur est confronté à de nouveaux enjeux. A commencer par la définition même du terme de musique ancienne. Cette appellation recouvre une large palette de répertoires, de la musique vocale à l’effectif orchestral, couvrant plusieurs siècles, du Moyen Age au 20e siècle. Les œuvres de Ravel ou de Debussy sont de plus en plus jouées sur des instruments historiques.
Cet élargissement des répertoires a eu pour conséquence de multiplier les ensembles spécialisés. Avec un paradoxe criant : alors que l’argent public diminue, le nombre de formations augmente. L’équation économique est devenue intenable, aboutissant à des situations profondément inégalitaires, entre les ensembles pionniers de la révolution baroque, bien dotés, et les nouveaux entrants, qui se battent avec des budgets minimes. Une telle disparité, que nous montrons dans ce numéro, pose question quant au devoir d’équité du ministère de la Culture.
Pourtant, le contexte impose, plus que jamais, de mettre le sujet sur la table. De nombreux ensembles sont confrontés, ou vont l’être prochainement, au départ de leur chef fondateur. Le projet de l’ensemble doit-il survivre au départ de son créateur ? Chaque camp fourbit ses arguments : il y a ceux qui défendent l’idée de poursuivre avec un autre chef, notamment pour assurer aux musiciens une continuité d’emploi. Les autres objectent que le statut d’intermittent du spectacle (auquel sont rattachés la majorité des musiciens de ces formations) ne doit pas se faire dans la dépendance à un seul employeur – c’est la fameuse permittence – et que l’arrêt de certains ensembles est indispensable pour permettre un renouvellement du paysage, le gâteau budgétaire ne permettant pas de nourrir tout le monde.
Nous ne mettrons pas un terme au débat avec cet éditorial. Mais nous incitons, par contre, les musiciens, les administrateurs et les syndicats du secteur à s’emparer de cette question. Il y va de l’avenir des nouvelles générations que forment les conservatoires. Ce sujet ne doit plus être tabou. Au risque sinon de laisser les politiques d’austérité faire elles-mêmes le ménage.

Antoine Pecqueur